Tribune libre

Au Cameroun, un nouveau-né disparaît dans un hôpital de la police

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Judith Viviane Djuala n’a qu’une chose en tête : retrouver son enfant enlevé au Centre médical de la Police de Yaoundé, la capitale du Cameroun, près de huit heures après sa naissance, dimanche 29 mars. Elle implore qu’on lui rende son enfant qui, selon elle, a bien été enlevé.

La jeune femme, âgée d’une trentaine d’années, institutrice dans la capitale, raconte qu’après son accouchement, elle s’est assoupie, son bébé lové contre elle. À son réveil en fin de journée, le bébé avait disparu. Les premières recherches effectuées à l’intérieur du centre hospitalier sont infructueuses, malgré les injonctions adressées par le patron de la police nationale, Martin Mbarga Nguélé, aux services de l’hôpital afin de retrouver l’enfant dans les 48 heures. Le 7 avril, Judith Viviane Djuala est expulsée de l’hôpital.
Comité de soutien

Depuis onze jours, l’enfant est introuvable et l’enquête ouverte par la police judiciaire piétine. Vincent Kamgang, le compagnon de la jeune femme, confirme être convoqué quotidiennement dans les services de la police sans pour autant être davantage informé sur la suite de la procédure.

Cette nouvelle affaire en rappelle une autre qui avait marqué l’opinion publique au Cameroun en 2011 : l’affaire Vanessa Tchatchou. Le bébé de cette jeune fille âgée de 17 ans au moment des faits, avait disparu à l’hôpital gynéco-obstétrique de Ngousso, dans la périphérie de Yaoundé, le 20 août 2011.

La disparition du nouveau-né était intervenue entre la salle d’accouchement et la salle des couveuses où l’enfant prématuré devait être installé.

L’histoire avait mobilisé le pays avec de nombreuses manifestations dans les principales villes du pays, et même à Paris où un comité de soutien avait été créé. En 2012, la justice camerounaise avait conclu à un enlèvement puis à l’assassinat du bébé. Cette thèse a toujours été réfutée par la jeune femme qui continue de réclamer son enfant.

Josiane Kouagheu | Le Monde

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