Ô Mboa

Au Cameroun, le «Repassage des seins» persiste

Les traditions ancestrales continuent d’être respectées dans certaines parties du monde, surtout en Afrique. Même si ces coutumes ne riment plus avec la modernité, et en dépit des conséquences tant physiques, sociologiques et psychologiques, elles persistent encore et font des ravages.

D’après Afrikmag, au Cameroun, une pratique a fait réagir plusieurs observateurs. Il s’agit du «repassage» des seins.

La technique consiste à se servir d’objets préalablement chauffés au cœur d’un brasier, tels que la pierre à écraser utilisée en cuisine, le pilon, la louche, la spatule ou encore des noyaux de cerises pour masser les seins des jeunes filles dans le but de les empêcher de croître ou de les faire disparaître même.

Les parents justifient une telle pratique par «le souci de préserver leurs filles de la convoitise des hommes» afin de les mettre à l’abri des grossesses précoces.

Mais la pratique, aux dires de nombreux scientifiques, peut-être plus dangereuse que le mal lui-même. Les jeunes filles sont parfois exposées à des risques de cancer ou de dégradation mammaires. Sur la question, le gouvernement camerounais n’a pas très souvent pris des mesures fortes.

En 2006, l’Agence de coopération internationale allemande (GIZ) a interrogé plus de 5.000 femmes et mené une enquête à travers les dix provinces du pays. Il en est ressorti qu’une fille sur quatre serait touchée par cette pratique, 53% des adolescentes seraient concernées dans la province de Douala, le long du littoral atlantique, soit près de 3,8 millions de jeunes filles en tout. Dans 58% des cas, le «repassage des seins» serait pratiqué par les mères elles-mêmes.